19 mars 2016

Playlist de midi à minuit : rock & folk par Angel


Elles vous avaient manqué, c’est le retour des playlists thématiques et commentées, à écouter de midi à minuit. Après Lilimarche le mois dernier, au tour d’Anthonin Ternant alias Angel, ex-voix de tête de The Bewitched Hands, de nous embarquer dans une épopée rock, folk et psyché échevelée.

2014 : Thank You, Goodbye, It’s Over. C’est la fin du groupe rémois The Bewitched Hands après sept années de succès ponctuées de deux albums. À peine échappé du sextuor, le leader-chanteur-guitariste Anthonin Ternant décide de se lancer dans différents projets. Le dernier en date, Angel, est de loin le plus personnel. On l’a découvert en novembre dernier via un EP tour à tour rock et folk, mystique et hirsute, rêveur et dansant.

Entre deux concerts, l’ange Anthonin s’est posé pour nous livrer dix titres aimés. Une playlist en forme de bio qui débute à l’orée des 90’s, au lycée, lors de sa rencontre avec la musique, qui se poursuit à la fac, remonte à la source hippie, et arrive aux affinités plus récentes. L’esprit « come as you are », le songwriting inventif, les pochettes maison, les lives déjantés : tout y est. Plus qu’une playlist, un cheminement. 



1. Pixies, All Over the World (1990) 
« Le groupe par qui, pour moi, tout est arrivé. Je n’écoutais pas vraiment de musique avant eux. C’était vers 1992. À l’époque, on sortait du hard rock FM des années 1980. Il y avait Guns N’ Rose et un revival 70’s avec Lenny Kravitz et le film The Doors d’Oliver Stone. Les Pixies ont mis un coup de balai à tous ces clichés sex, drugs and rock’n’roll. Ils ont montré qu’on pouvait faire de la musique géniale sans être un guitar hero et en étant habillé normalement. »  

2. Beck, Beercan (1994)
« En 1994, Beck était le mec le plus cool du monde. Cette année-là, il a sorti trois albums : Mellow Gold, One Foot in the Grave et Stereopathetic Soulmanure. Trois albums très différents dans le style, la production, et qui sont sortis sur différents types de labels. Je crois qu’il a été le premier à mélanger les genres dans le cadre d’un songwriting pop ; à écrire, par exemple, un morceau folk avec un chant rap, des samples et des sons synthétiques. Un truc typiquement années 1990. » 

3. Ween, It’s Gonna Be (Alright) (1997)
« Comme Beck, Ween savait jouer des clichés pop avec humour et inventivité. C’est aussi pour moi l’un des meilleurs songwritings des années 1990. Il reste à jamais dans le top 5 de mes groupes préférés. » 

4. Daniel Johnston, Some Things Last A Long Time (1990)
« J’ai découvert Daniel Johnston tout à fait par hasard. C’était au lycée, quand j’achetais les disques à la pochette. Si elle était DIY, alors c’était que le groupe devait être cool.  Pour moi, Daniel Johnston c’est autant sa musique que ses dessins. Ils illustrent (presque) à chaque fois ses albums. Ça m’a incité à réaliser moi-même mes pochettes. » 

5. Dr. John, Mama Roux (1969) 
« J’ai découvert Dr. John à la fac, à une période où j’écoutais beaucoup de musique. Avec deux amis, on passait notre temps à dénicher les trésors cachés de la pop. Gris-Gris est l’album le plus hippie que je connaisse. Il me fait penser aux tout débuts de mon ancien groupe The Bewitched Hands : folk, psyché et hippie avec des percussions chelou. » 

6. Palace Brothers, I Am a Cinematographer (1994) 
« Dans ma discothèque, c’est mon album relaxation avec Pink Moon de Nick Drake. Je l’ai redécouvert il y a quelques années, à une période où j’étais nervous breakdown. Il est très efficace pour se calmer. Si vous êtes au bout du rouleau : mettez-vous au lit, fermez les yeux et écoutez ce disque. » 

7. Ariel Pink, Plastic Raincoats In The Pig Parade (2014) 
« Avec John Maus, mes musiciens préférés de ces dernières années. Ça doit être parce qu’on est de la même génération et qu’on a en commun cette culture lo-fi du début des années 1990. » 

8. Thee Oh Sees, Web (2015) 
« Ce groupe a une constance et une productivité incroyables. On a l’impression qu’ils ne feront jamais un mauvais disque. Ce qui est génial, c’est que ça paraît facile à faire et que ça te donne envie de monter un groupe. » 

9. The Flaming Lips, The Yeah Yeah Yeah Song (2006) 
« Je ne suis pas un spécialiste de leur discographie mais je me souviens d’un concert que j’ai vu d’eux, il y a quelques années, à Pukkelpop. C’était un gros bordel psychédélique. Il y avait des ballons, des confettis et Wayne Coyne, le chanteur, marchait sur le public dans une bulle gonflée d’air. Ils étaient je ne sais combien sur scène avec des figurants déguisés en Télétubbies. Ce concert m’a marqué et m’a influencé quant à la manière d’aborder mes lives. » 

10. Of Montreal, Heimdalsgate Like A Promethean Curse (2007)
« Quand je parle de mes projets (le triptyque Angel, Black Bones, The Wolf Under The Moon), je cite souvent Of Montreal et The Flaming Lips pour l’aspect scénique. Je veux que mes lives soient une extension visuelle de ma musique. C’est curieux, parce que quand je vois par où a commencé mon histoire musicale, comme dit plus haut avec les Pixies et l’esprit « come as you are », je me dis que c’est assez contradictoire avec le côté théâtral de mes projets actuels. Et en même temps, pas tant que ça non plus. »

Angel 


Capture d'écran YouTube, Association Musiques sur la Ville

Anthonin Ternant se fait connaître comme chanteur et guitariste au sein de la formation rémoise The Bewitched Hands, révélée en 2009 à la faveur d’une collaboration avec Yuksek (rémois lui aussi). Lauréat du concours Inrocks Lab la même année, le groupe écume alors salles et festivals. Suivent les albums Birds & Drums en 2010 et Vampiric Way en 2012, avant que 2014 ne vienne signer la dissolution du sextuor. 

La rupture tout juste consommée, Anthonin laisse libre cours à ses idées et renaît sous trois identités. Capitaine d’une équipe de baseball zombie au sein du groupe de rock Black Bones, il s’imagine en roi dans le spectacle pop, médiéval et fluo The Wolf Under The Moon, pour enfin se présenter seul en scène avec les ailes d’Angel. 

Concocté dans son petit labo de savant fou à Reims, le premier EP d’Angel paraît en novembre dernier. En son centre, la voix haut perchée d’Anthonin fait d’abord l’effet d’une petite madeleine. Et puis on finit par oublier The Bewitched Hands pour se laisser porter par Angel au gré de quatre titres nous menant vers un space western rock, des clairières folk, une messe noire pop, un dessin animé d’épouvante… 

Un joyeux bazar délicieusement excentrique qu’Anthonin défend sur scène, depuis sa sortie, aux quatre coins de la France. Mais pas de n’importe quelle manière : ailé, auréolé, accompagné d’angelots et illuminé grâce au travail du studio de création (rémois, encore) DSPLY. « Je veux que mes lives soient une extension visuelle de ma musique. » À vérifier mardi 29 mars prochain à La Maroquinerie. 



Plus sur Angel ? Sa chaîne YouTube et sa page Facebook.  

Acheter l’EP ici. Les prochaines dates là : 

Mardi 29 mars à La Maroquinerie, support d’O, Paris (75).
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