6 févr. 2015

Playlist de midi à minuit : les sueurs froides de Fishbach


Tous les mois, Après-Midi fait appel à un professionnel pour vous concocter une playlist thématique et commentée, à écouter de midi à minuit. En février, on frissonne, on halète, on a "les foies dans le bon sens du terme" avec les morceaux angoissants sélectionnés par (la pas du tout effrayante) Flora, alias Fishbach.

On a découvert Fishbach un soir de décembre, sur la scène du Pop-Up du Label. Dix secondes d’un premier morceau, et on s’était retournée sur cette fille élégante à la voix enveloppante. Reprises et compositions personnelles s’étaient alors enchaînées sur fond de mélancolie synthétique pendant une durée indéterminée. 

Contactée dans la foulée, Flora nous a offert une playlist spéciale haut-le-cœur, estomac noué et gorge serrée. De Light Asylum à Can en passant par Catherine Ribeiro, de la musique viscérale, comme la sienne.



1. Light Asylum, Heart of Dust (2012)  
« Ce duo new-yorkais est incroyable. Ils ont sorti quelques disques, et ce sont tous des petites perles. Je les écoute depuis des mois sans jamais m'en lasser. Dans ce titre, je sens une tension des plus efficaces. » 

2. John Talabot, Oro Y Sangre (2012) 
« Va savoir pourquoi, quand il y a une fille qui hurle sa pétoche dans une chanson, ça me plaît. Et je ne peux pas m'empêcher de danser quand je l'écoute. »

3. Étienne Jaumet, Metallik Cages (2014)
« Ce type est la moitié du duo Zombie Zombie. Et fin 2014, il sort un album solo, ouvert par ce titre, Metallik Cages. À mon sens, un des meilleurs albums de l'année. »

4. PC Worship, Odd (2014)  
« Je n'ai pas grand-chose à dire sur ce titre hormis qu'il me fout les foies, dans le bon sens du terme. »

5. Catherine Ribeiro, L’ère de la putréfaction (1974) 
« Déjà le titre, bonne ambiance. Ribeiro, c'est une très grande influence pour moi. Pas tant pour son engagement, même si les textes sont incroyables, que pour sa manière de les rendre d'une musicalité si chargée en émotion. Particulièrement quand elle faisait partie de ce groupe, Alpes... J'en frissonne. » 

6. Blanche Neige et la forêt fantasmagorique (1937) 
« Alors là, pardon, ce n'est pas vraiment pour la musique. Mais c'est la plus lointaine référence que j'aie en matière d'angoisse. Je trouve cette scène complètement dingue. Même Alice au pays des merveilles, elle remballe. » (Voir la vidéo ici). 

7. Mylène Farmer, Chloé (1986) 
« Désolée pour la qualité de la vidéo. J'ai découvert le premier album de Farmer il n’y a pas longtemps. Cette nana, pour moi et pour plein de gens de ma génération, elle ne représentait rien que du "has been, nul, on peut pas comprendre". Un peu comme Bruel. Mais purée que cet album est bien ! »

8. Stereo Total, C'est la mort (1995) 
« Bon, j'admets : j'utilise le mot angoisse à tort et à travers, pour définir plein de choses différentes. Ça vaut pour les chansons dont le texte n'est pas drôle et la musique super "légère". Un mélange que je fais beaucoup, et de manière inconsciente, dans mes propres chansons. »  

9. O, Répéter/Disparaître (2015) 
« J'ai découvert cet artiste parisien en écoutant son Maxi 45 tours. J'ai mis dix minutes à comprendre que le disque se terminait sur un sillon sans fin, tant la boucle qui le formait était belle et clôturait parfaitement cette œuvre pleine de poésie. Ce titre est tout nouveau et rempli d'inquiétudes. » 

10. Can, Thief (1968/1981) 
« Parce que Can, c'est super pour finir, et que j'aime tout ce qui est mélodies et instruments celtiques/médiévaux/orientaux quand ils sont joliment mariés aux froideurs occidentales. » 

Fishbach

 


Flora passe son enfance en Normandie, son adolescence dans les Ardennes et son temps présent dans les trains à sillonner la France d’est en ouest. Un trait d’union qu’on retrouve dans Fishbach, son nom de famille, mais aussi une synthèse entre l’Atlantique et les forêts. 

Elle commence la musique il y a cinq ans au sein d’un duo, Most Agadn’t : « C’était de la petite musique minimaliste, punk électronique, bancale et énervée. » Flora chante alors en anglais, manie les synthés et les guitares. Et puis, il y a deux ans, c’est la fin du groupe. Avec un iPad pour seul instrument, Flora devenue Fishbach continue à créer des chansons sur lesquelles elle pose des paroles en français. 

S’ensuit une série de concerts durant lesquels elle agrémente ses propres morceaux de reprises inattendues. Seule sur scène, elle enrobe des sujets durs de mélodies souriantes ou attire du côté de la nostalgie des thèmes en apparence plus légers. Le tout porté par sa voix envoûtante, tantôt limpide, tantôt grave. La suite pour Fishbach ? Encore plus de reprises et des vidéos pour illustrer ses compositions personnelles. 


Plus sur Fishbach ? Son Tumblr, son SoundCloud, sa page Facebook et sa chaîne YouTube

Image à la une : montage à partir de captures d'écran. 

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