30 janv. 2015

Séjour : Fashion Week homme de Paris, partie 2


Dimanche dernier, Paris a conclu sa Fashion Week homme automne-hiver 2015-2016. Sans surprise, Après-Midi était (toujours) sur les rangs pour humer la masculinité raffinée qui s’est imposée lors des derniers défilés.

Parmi eux, on se souvient des collections des Japonais Julius et Rynshu, ainsi que d’un Coréen dont on retrouve la poésie avec plaisir chaque saison, Songzio. En noir sur noir la plupart du temps, chacun d’eux a brossé le portrait d’un homme élégant venu d’un pays imaginaire… voire d’une autre galaxie.  

Julius envoie des anges dans l’espace 


Julius, automne-hiver 2015-2016 © Aurélie Laurière / Après-Midi Magazine.
Le créateur derrière Julius, Tatsuro Horikawa, l’affirme haut et fort depuis 2001 : il propose "plus que des vêtements". Son inspiration, qu’il puise avant tout dans l’art, l’architecture ou la musique, s’exprime surtout en monochrome : « Le noir est la base de ma palette créative. Il symbolise l’avant-garde et a, pour moi, un profond sens spirituel. » Une obsession dont il ne se départ pas pour l’hiver prochain. 

On a vu : cheveux plaqués, sourcils givrés, mine blême et lunettes futuristes, l’homme Julius arbore des doudounes-carapaces, des cols montants, des épaules saillantes et des manches géométriques. Il associe le tout à des pantalons skinny, des collants opaques et des bottes imposantes mais légères. Si légères qu’il semble à peine fouler le sol de la planète sur laquelle il vient d’atterrir. En noir et blanc, il s’affirme essentiellement à travers des jeux de matières, découpes et proportions.  On retient : les duvets immaculés portés comme des ailes à déployer. 

Songzio déclare sa flamme à l’automne 


 Songzio, automne-hiver 2015-2016 © Aurélie Laurière / Après-Midi Magazine.
Chez Songzio, né en Corée du Sud et inscrit au calendrier de la Fashion Week parisienne depuis 2007, on lit, saison après saison, les différents chapitres d’un roman initiatique. L’hiver 2015-2016, son héros romantique revêt des couleurs automnales et des motifs végétaux qui s’impriment sur les vêtements à coups de pinceaux vifs. 

On a vu : beaucoup de noir réveillé par des teintes naturelles telles que le vert émeraude, l’acajou ou l’or, différents cuirs alliés à des détails en relief, effet python, croco, autruche ou éléphant. Côté silhouette, de la même manière que les saisons se succèdent sans heurts dans la nature, les transitions se font chez Songzio dans la douceur : les lignes classiques et structurées – taille soulignée + épaules marquées – sont rehaussées de cravates en cuir peint pour annoncer des combinaisons plus audacieuses – peau imprimée de la tête aux pieds + cape sur short ample. On retient : les manteaux en cuir aux revers fourrés, à situer du bon côté des 70’s.

Rynshu se passe un film de science-fiction  


 Rynshu, automne-hiver 2015-2016 © Aurélie Laurière / Après-Midi Magazine.
L’insaisissable Rynshu Hashimoto, qui n’a pas toujours porté ce patronyme (selon une vieille tradition japonaise qui offre de renaître en changeant de nom), fête cette année ses trente ans de carrière avec une collection à la fois cosmique et humaine. Inspiré par l’extraterrestre Little Grey, la créature de l’affaire de Roswell, le designer se fait un film dans lequel le petit alien vivrait secrètement à nos côtés…  

On a vu : dans une ambiance particulièrement tamisée, les mannequins, s’ils ne portent pas de masques ou de chapeaux enfoncés sur les yeux, se cachent derrière d’immenses lunettes noires et affichent un teint diaphane. Les silhouettes androgynes et moulantes se déclinent en noir, gris, blanc, doré et argenté. Homogène, la collection répète à l’envi le motif du petit extraterrestre, jusque sur les foulards et les chaussures. Le cuir est quant à lui omniprésent, des pantalons cigarette aux manteaux en passant par les chemises. On retient : la finesse de ce cuir "seconde peau", en provenance de Himeji au Japon, qui était jadis utilisé pour faire des bandages.

Image à la une : défilé Julius au Palais de Tokyo © Aurélie Laurière / Après-Midi Magazine.

Lire aussi : Fashion Week homme de Paris, partie 1 

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